Michèle R.

Le Bracelet
23,00
10 mai 2018

Que faire lorsque l'on est juif à Munich en 1938 et qu'une opportunité d'exil se présente ? Partir bien évidemment ! Ce sera le choix de Grete la mère de Carl et de Ida alors que le père prendra la décision de rester en Allemagne pays qui ne peut le persécuter puisqu'il a combattu pour lui !Mais ce n'est cette Allemagne-là qui sera mise en évidence au travers de la vie d'Herna et de sa tante adepte de Hitler.
Deux facettes de la seconde guerre mondiale aussi terribles l'une de l'autre décrites avec un réalisme puissant.
Les années passeront, Carl rejoindra New-York. Pour une vie nouvelle ? Peut-être ? Mais le passé est toujours là plus présent que jamais.
Au-delà de la fresque historique Andrea Maria Schenkel sonde sans pitié la nature humaine et ses déviances pour un dénouement qui ne fait que renforcer son récit.

Michèle - Gargan'Lectrice

Au commencement du septième jour
10 mai 2018

L'accident de sa femme, Camille, sur une route où elle n’aurait pas dû se trouver est pour Thomas un nouveau point de départ. Il est le déclencheur d'un retour sur le passé qui l'obligera à se battre contre lui-même pour ouvrir les yeux sur ce qu'il n'a pas vu ou pas voulu voir.
Une quête pour rattraper le temps perdu ? Impossible ! Mais peut-être pour trouver un peu de paix …
Une belle écriture, des descriptions minutieuses du vécu, du ressenti, des paysages, mais le mystère plane toujours sur la vie de Camille.
Peut-être n'est-il plus important de savoir maintenant ?

Michèle - Gargan'Lectrice

Les garçons de l'été
10 mai 2018

Un couple, trois enfants. Une famille a priori suffisamment unie pour que rien ne la déstabilise. Mais … très vite dans le récit un accident se produit entraînant avec lui un raz de marée qui va bouleverser cette cellule familiale et incidemment dévoiler au lecteur les failles de chacun des protagonistes.
Ce récit, enrichi par une construction à plusieurs voix, où chacun livre son ressenti, dévoile ses sentiments, détaille son point de vue, va crescendo dans la complexité, la tragédie, la violence, l'émotion.
Un huis clos tout autant machiavélique qu'irrésistible.

Michèle - Gargan'Lectrice

Mischling
22,80
24 février 2018

Auschwitz, camp des sévices corporels et psychologiques, de la souffrance extrême, camp de la mort.
Le 'célèbre' Josef Mengele, un soi-disant docteur, qui torture les enfants qui ne sont pas 'comme les autres' ; jumeaux, triplés, quadruplés, nains, albinos...
Le triste décor est planté, celui du ZOO, où ces enfants ont été déportés.
Affinity Koran ne se se contente pas de bâtir un roman à partir de témoignages de survivants, elle y intègre, comme une fiction, l'histoire et les pensées de jumelles qui vont se battre dans cet enfer pour rester unies. Pearl se chargera du passé, ce qui est bon, et Stasha, de l'avenir, ce qui est mauvais.
Autant le lecteur peut être horrifié par les descriptions d'actes sordides commis sur des enfants, autant il peut être ébloui par le monde entre naïveté de l'enfance et réalisme nécessaire à leur survie que se créent les fillettes.
Un bel écrit, captivant, un bouleversant 'Devoir de Mémoire'.

Michèle

Illettré

Ladjali, Cécile

Actes Sud

7,80
24 février 2018

'L'illettré' , portrait d'un jeune homme de vingt ans que la vie familiale n'a pas épargné.Le fardeau n'étant pas assez lourd à porter s'y ajoute celui de l'illettrisme , handicap sournois, accablant, honteux, humiliant.
Mais Léo c'est aussi un homme avec ses envies, ses pulsions, ses sentiments …Il n'y a pas que les mots qui lui manquent.
Sa vie est remplie de questionnements. Comment parvenir à vivre au milieu de ces gens qui savent tous lire et écrire ? Comment trouver sa place dans la société ? Quel avenir se construire ? Comment vivre pleinement une relation amoureuse ?
Que le combat est complexe entre le besoin d'apprendre, donc de s'exposer au regard des autres, et le besoin de solitude, son refuge !
Ecrit avec finesse et sensibilité, doté d'un vocabulaire étoffé qui accentue encore la distance avec le thème choisi, ce roman est un plaidoyer contre l'analphabétisme mais aussi une invitation à ouvrir nos regards sur la différence.

Michèle